Nous
n'apprendrons rien ici aux montagnards et aux randonneurs confirmés mais
cet ouvrage s'adressant aussi et surtout à des randonneurs occasionnels
peu habitués au milieu montagnard, il est bon de connaître un certain nombre
d'éléments pour bien débuter et apprécier la randonnée pédestre.
Préparation
de l'excursion : pour réussir pleinement les premières balades,
commencer par les plus courtes et les plus faciles. L'excursion s'organise
en famille ou entre amis. Après lecture du topo-guide, la veille, tracer
l'itinéraire sur la carte I.G.N. au 1/25 000ème correspondante.
Indiquer à quelqu'un l'heure de départ, celle prévue pour le retour, et
l'étape choisie. Vérifier la tenue en préparant le sac à l'avance. Pendant
la balade, ne pas quitter les sentiers. Suivre l'évolution du temps. Si
l'orage menace, ou si les écharpes de brume commencent à couper le chemin,
ne pas s'entêter. Demain, il fera jour, et sûrement très beau. Penser à
l'insolation forte et rapide aux heures chaudes de la journée. Enfin, de
retour chez soi, ne pas oublier d'annoncer son retour aux personnes qui
l'attendent, et aérer le matériel, surtout mouillé.
Savoir marcher en montagne
Pour
déterminer la durée d' une promenade en montagne, on tient surtout compte
du relief et du dénivelée. Si la distance est relativement peu prise en
compte dans les calculs d'horaires, il convient néanmoins d'apprécier sur
la carte le chemin à parcourir, dénivelée, longueur et difficultés, pour
ne pas se lancer dans des randonnées au dessus de ses capacités. Il vaut
mieux commencer par des promenades faciles et augmenter la difficulté en
fonction de sa, forme physique, afin d'éviter les «coups de pompes» toujours
désagréables.
Le départ
Il
est toujours trop rapide. Modérer l'allure d'autant plus que le chemin débute
par une montée ou une descente plus raide. Lors d'une montée, poser le pied
bien à plat, et faire trois petits pas plutôt qu'une grande enjambée. Pendant
la descente, l'articulation du genou subit un effort considérable. Il faut
donc lui éviter le choc d'un pied posé trop brutalement. Il faut éviter
la fatigue musculaire et savoir s'arrêter. Quant à la vitesse de marche,
chacun à la sienne. En forte montée ou après un repas, ne craignez pas de
ralentir et l'allure et le rythme. L'essoufflement doit être évité à tout
prix et de toute façon, vous irez toujours plus loin en allant plus lentement.
Rappelez‑vous que les meilleures et les plus belles heures pour marcher
se situent au lever du soleil, et qu'il ne faut jamais fixer un retour après
17 heures, même pour une promenade de l'après-midi.
L'équipement : fonctionnel, confortable, léger. L'excursion en montagne, même courte
et à altitude modeste, exige quelques pièces fondamentales. En jouant de
toutes les combinaisons entre les pièces légères, chaudes et imperméables,
il est possible de faire face à toutes les situations climatiques habituelles.
- 1 Les chaussures
: elles doivent être: solides, confortables, légères, souples, avec une
semelle épaisse, en cuir ou en toile.
- 2 Les vêtements:
ils seront assez amples. Au short, on préférera un pantalon solide du
type «blue-jean» qui protège des orties, ronces et autres épineux.
- 3 Le sac à dos:
confortable, solide, imperméable, léger, il ne doit pas être volumineux.
- 4 Contenu du sac
à dos: Le poids est l'ennemi du montagnard...
- Chemise de
rechange
- Pull-over chaud
- Anorak ou poncho
imperméable ou coupe-vent imperméable
- Le «casse-croûte»
bien emballé en sachets indépendants. Un sac poubelle permettra de
remporter les déchets
- Gourde pleine,
couvre-chef, lunettes de soleil, lampe de poche
- Petite pharmacie
sans oublier crème solaire, papier hygiénique, « aspi-venin»,
- Une couverture
isotherme, légère et utile pour lutter contre l'humidité et le froid,
un couteau de poche, une boussole.
- D'autres accessoires
ne sont pas indispensables, mais peuvent s'avérer très utiles : briquet,
épingles de sûreté, ficelle, jumelles, altimètre, etc.
Nota : ne pas
oublier «les cartes IGN»
- Le bâton : pal ou
bastou pour le pyrénéen, il est indispensable pour de multiples raisons :
- en basse montagne,
la végétation est luxuriante durant la belle saison, et malgré l'entretien
régulier des sentiers, quelques bons coups de «pal» bien assénés,
peuvent permettre d'aménager un passage confortable au milieu des
ronces et fougères.
- Les mêmes coups
de «pal» peuvent éloigner certains animaux indésirables, vipères ou
autres reptiles. Ces créatures, tant détestées attaquent très rarement.
Il faut donc éviter de les tuer, elles ont leur utilité. Mais évitez
quand même les mollets à l'air ! ! !
- enfin, pour
qui sait s'en servir, il peut aider à la progression.
Alimentation :
dans ce domaine, à chacun sa vérité. Après tout, une bonne balade en montagne,
c'est la fête. Lors d'une petite étape, pourquoi ne pas se faire plaisir
et se laisser aller à la gourmandise ? Dans tous les cas boire peu mais
souvent, sans attendre la soif. Pour une longue étape, manger souvent des
aliments énergétiques tout en privilégiant un repas un peu plus copieux.
N'oubliez pas non plus que le repas de la veille est important surtout avant
une grande randonnée. Ce repas sera notamment composé de glucides lents
(riz, nouilles, pommes de terre) crudités (salade) et produits laitiers
(yaourts, flans). Le petit déjeuner est important lui aussi : thé, chocolat
+ pain + confiture + fruits (ou jus de fruits) par exemple. Evitez le café
au lait, c'est indigeste. Le soir, le repas d'après randonnée sera plus
ou moins copieux selon votre état de fatigue. Une bonne soupe permettra
de récupérer une partie de l'eau et des sels minéraux perdus dans la journée.
Un peu de viande avec des légumes, un bon dessert puis une tisane vous permettrons
sans doute de récupérer des efforts fournis la journée. N'hésitez pas non
plus à laisser un verre d'eau sur la table de nuit. On élimine beaucoup
la journée et il convient de récupérer l'eau consommée pendant l'effort.
Les dangers
Le
mot est lâché ! c'est vrai, en haute montagne il y a des dangers bien spécifiques,
et ces dangers il faut les connaître :
. Dangers objectifs (inhérents à de l'impréparation morale la nature
même de la montagne et irréflexion, vanité, étourderie, au temps)
En
ce qui concerne les balades du bas canton, ils sont faibles. Un minimum
de prudence devrait prévenir de tout risque sérieux. Ici, point de chute
de pierres, point de tourmentes (tout au moins l'été). Il faudra tout simplement
regarder où l'on marche, et ne pas se laisser prendre par la vitesse lorsque
dans la descente, la pente sera plus forte. Parfois, le sentier effondré
demande un peu de prudence, mais jamais dans ce circuit, on ne peut se
trouver en situation périlleuse du fait du relief ; et si par hasard, un
tronçon de chemin se trouvait impraticable, il y a toujours moyen de faire
un petit détour. Les intempéries sont l'un des principaux dangers objectifs
en montagne, d'où l'importance de consulter la météo avant de partir. Mais
la surprise étant toujours possible, prévoir les changements de températures
et le risque de pluie (voir plus haut contenu du sac). Partir tôt préserve
des fortes chaleurs et de l'orage qui sévissent l'un et l'autre durant
l'après-midi. Le risque le plus important, c'est encore le brouillard. Evitez
aussi de vous faire prendre par l'orage en terrain découvert (crête, prairie).
. Dangers subjectifs
Les
manuels d'alpinisme définissent les dangers subjectifs comme relevant de
la personne même et de sa personnalité. De ce fait, ils peuvent être généralement
évités. Ils sont pourtant la cause de la majorité des accidents. Il s'agit
entre autre de l'incapacité et de l'impréparation technique étude préalable
de l'itinéraire, de la carte, du guide, de la météo, etc.
Pour
en finir avec ce chapitre, il faut aussi penser au danger que l'on fait
courir aux autres. Cela va du caillou négligemment lancé dans l'abîme et
qui va fracasser le crâne d'un paisible pêcheur, jusqu' au feu de camp (ou
tout simplement le mégot mal éteint) qui ruine, en un rien de temps des
hectares de sapinières, en passant par le brave toutou qui, parti en éclaireur,
retrouve son instinct sauvage, ignoré de ses maîtres, et sème la panique
au milieu d'un troupeau, créant des dégâts irréparables. Il ne s'agit pas
de fiction, ces évènements arrivent très régulièrement en montagne. |